Un inventaire des stocks publics de pesticides périmés
révèle qu'aujourd'hui 700 tonnes dorment dans hangars
répertoriés dans une trentaine de provinces. Ces produits
dangereux proviennent essentiellement des reliquats des
opérations de lutte anti-acridienne. Dans le cadre du
Programme africain de destruction de pesticides périmés
(PASP), le club environnement de l'Association Ribat Al Fath
pour le développement durable organise, les 13 et 14 mars à
Rabat, un atelier pour sensibiliser les ONG à la mise en œuvre
de ce programme.
Pourquoi donc associer ces ONG à
cette opération ? «Il est attendu d'elles de faire connaître
le PASP au public par des activités d'information, de
sensibilisation et de jouer un rôle d'intermédiaire entre les
populations locales et les opérateurs chargés de l'élimination
de ces produits. Elles pourraient même jouer un rôle dans la
finalisation de l'inventaire ou de participation au contrôle
et à l'évaluation de l'opération envisagée.»
Autres
parties prenantes dans cette opération de liquidation des ces
pesticides, le ministère de l'Agriculture du développement
rural et des pêches maritimes à travers la Direction de la
protection des végétaux, du contrôle technique et de la
répression des fraudes (DPVCTRF), le ministère de la Santé,
par le biais de la Direction de l'épidémiologie et de la lutte
contre les maladies ainsi que le Centre national anti-poison.
L'Institut d'hygiène joue également un rôle important
dans ce domaine. Pour sa part, le ministère de l'Aménagement
du territoire de l'eau et de l'environnement et celui de
l'Intérieur grâce respectivement à la Direction de la
surveillance et de la prévention des risques et le Centre
national de lutte anti-acridienne sans oublier la Gendarmerie
Royale et la Protection civile sont également impliqués dans
la gestion de ce programme.
Cette action est soutenue
par l'organisation internationale « Pesticides Action Network»
(PAN) à travers sa branche africaine PNA Africa. C'est dans ce
sens que le Maroc a abrité en janvier 2001 à Marrakech la
première «Conférence continentale pour l'Afrique sur la
prévention et la gestion écologiquement rationnelle des stocks
de déchets dangereux».
Car en termes de perspectives,
faut-il bien le rappeler, le diagnostic de l'état actuel du
secteur des pesticides laisse apparaître la nécessité de
déployer davantage de gouvernance, de mise à niveau de la
réglementation nationale notamment en ce qui concerne sa
conformité avec les accords multilatéraux de l'environnement,
de libre-échange et de protection des consommateurs marocains.
De même, il est nécessaire d'établir une base de
données fiables pour une gestion rationnelle des stocks afin
d'assurer la sécurité d'approvisionnement et de minimiser les
reports d'une saison à l'autre, renforcer les actions des ONG
et améliorer le système de recherche et d'encadrement des
utilisateurs à travers un programme de formation et
d'information.
Enfin, soulignons que pour satisfaire sa
demande, le Maroc en importe chaque année quelque 10.000
tonnes, dont l'utilisation reste variable en raison du
changement de climat et des invasions imprévues des
ravageurs. |