Communiqué AUDACE-Opinions

N° 2 - 25 mai 2000

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  A propos des FARREs qui nous guident …

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L'AGRICULTURE, LA RAISON, L'INDUSTRIE... ET LES AUTRES

 

Si les fusions-acquisitions annoncées vont à leur terme, 7 industriels de l'agrochimie réaliseront, en 2000, € 26 milliards (169 milliards de Francs français, plus de 1000 milliards de Francs belges) de chiffre d'affaire et représenteront 84% du marché phytosanitaire mondial.

 

Avec un lyrisme digne des Sept Sages de la Grèce antique cette Pléiade des temps modernes se veut être le chantre d'une "agriculture durable", respectueuse de l'environnement et harmonieusement insérée dans une société de progrès, soucieuse du bien être de tous".

 

Avec un humanisme d'une profondeur inégalée, les 7 poètes de la chimie poursuivraient le but de "contribuer à l'édification d'une société moderne et transparente ouverte sur le progrès par la maîtrise du savoir".

 

Avec une force de communication dont, seuls, disposent les grands groupes de presse, les 7 philosophes font savoir quel serait le bon rapport de l'homme au monde susceptible de réparer les vicissitudes malheureuses du passé et d'espérer un avenir radieux dans une nature propre produisant une alimentation saine et abondante pour chacun des 10 milliards d'êtres humains prévus en 2034.

 

Se prétendant investis d'une mission divine, les sept géants de l'agrochimie, tel ATLAS, paraissent soutenir la voûte du ciel espérant sans doute qu'en récompense, l'humanité les métamorphose en une nouvelle constellation du troisième millénaire.

 

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En 1982, une étoile née du cinéma français donnait une image beaucoup plus pragmatique et, hélas, moins poétique, des géants de l'industrie:

 

"Derrière quelques initiales discrètes, une lettre un point, une lettre un point …se cache la plus gigantesque machine à broyer les frontières, les états et les intérêts collectifs dans le seul but de produire plus, créer sans cesse des marchés et vendre.

Si le dynamisme et la mondialisation des affaires sont dans la nature des choses, il est difficilement supportable qu'ils s'exercent au profit de quelques firmes dans le monde.

C'est aux États et à leur gouvernement qu'il appartient de les contrôler, les prévoir, les définir et les dominer.

Devant l'absence de cette politique ou le manque de volonté, ces empires économiques nous regardent dans la légalité et, du haut de leur gigantisme, ils nous regardent avec nos petits drapeaux, nos frontières, nos grosses bombes, nos patriotismes, nos idéologies, nos querelles et nos folklores, tandis qu'apparaît en bas de leurs bilans annuels mille milliards de dollars".

 

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Au cas d'espèce de l'agrochimie, l'insupportable réside en ce que les fabricants des produits phytopharmaceutiques s'approprient le savoir faire et surtout le faire savoir d'une agriculture durable, raisonnée et respectueuse de l'environnement.

 

Parce qu'une telle notion est devenue incontournable de l'opinion publique, et par conséquent des pouvoirs publics, sa captation leur est apparue indispensable pour que leurs erreurs du passé soient enterrées avec leurs déchets industriels et pour que la nécessité environnementale du présent ne gâte en rien les ventes de leurs produits.

 

Financement de forums, associations, instituts, organisations professionnelles arborant force superlatifs "plus", "mieux", etc … tout leur est bon du moment qu'il est question d'écologie.

 

Face "au florilège d'idées fausses et négatives qui règnent encore à propos de la protection des plantes" les experts en marketing opposent la saine nourriture exempte de néfastes mycotoxines naturelles et dont la production bénéficie de la bienfaisante aide phytosanitaire.

 

L'espérance de vie ne progresse t-elle pas de deux mois chaque année ? Le nombre de cancers de l'estomac n'a t-il pas été divisé par quatre depuis 1950 ?

 

Le "phyto" est le phare protégeant l'homme des dangers naturels en le préservant dans son intégrité la plus chère.

 

En claire "phyto - phare" seraient devenus un pléonasme … d'où l'association phonétique des deux mots pour nommer un Institut (1) chargé de soutenir les actions et les initiatives remarquables allant dans le sens du respect de l'environnement.

 

Pour parfaire son sponsoring l'industrie va même jusqu'à créer un prix qui récompensera de telles actions et initiatives.

 

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Pour autant, les autorités chargées par les pouvoirs publics et politiques de définir une stratégie vis à vis de l'agriculture raisonnée avec pour objectif d'inscrire cette agriculture dans une véritable démarche de progrès se prononcent clairement sur cette évidence que "la réelle gestion de l'environnement est et restera principalement le fait des agriculteurs, alors que la promotion d'images est l'apanage d'autres acteurs", qu'"il y a un risque de captation indue du fruit du savoir-faire des agriculteurs par ceux qui sont experts en marketing", et que "s'agissant d'un bien public, l'environnement, une telle captation est illégitime".

 

S'il ne faut pas abuser nos concitoyens,

si, par déontologie on ne doit faire la promotion que du réel contenu de l'agriculture raisonnée, c'est à dire son réel souci de préserver l'environnement,

s'il ne doit pas exister de surenchère commerciale sur les questions de santé, et

si, du fait de la toute puissance de l'image, on ne doit pas permettre que se substitue à la réalité de l'environnement une image séduisante,

 

alors il est grand temps que ce grand concept d'agriculture raisonnée prenne ses marques vis à vis de ceux qui ont largement participé à la rendre déraisonnable et qui tentent aujourd'hui de se l'approprier.

 

Il est grand temps que les organisations dont la crédibilité est réellement basée sur la qualité scientifique de leurs membres, leur polyvalence et leur indépendance soient à même de distinguer entre le mythe et la réalité des préoccupations de l'industrie eu égard à l'environnement.

 

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Le premier postulat selon lequel réglementation et produits seraient infaillibles laisse place libre aux seuls agriculteurs sur le banc des accusés.

 

Le second postulat selon lequel seules des modifications de comportement des agriculteurs seraient la clé de la réussite leur laisse place libre sur les bancs d'une école où les professeurs sont les firmes et les surveillants les pouvoirs publics.

 

Ainsi les industriels de la protection des plantes tiennent pour unique vérité que:

 

"la procédure d'autorisation de mise sur le marché est de nature à rassurer le public sur l'utilisation sans danger et efficace des produits"

 

"l'homologation d'un produit est satisfaisante pour garantir son innocuité mais elle ne peut mettre à l'abri de contaminations accidentelles dues à des mauvaises pratiques".

 

"Seule l'évolution de certaines pratiques agricoles peut tendre vers la maîtrise réelle des pollutions".

 

"Plus que jamais il faut continuer à promouvoir les principes fondamentaux de l'homologation et, pour éviter des dérives, accompagner l'élaboration de cahiers des charges en proposant des critères objectifs transparents.

 

Tel doit être le rôle de l'industrie: éduquer et informer".

 

 

En réalité ces leitmotiv ne trouvent plus résonance dans les définitions sérieuses et récentes de l'agriculture raisonnée.

 

Celles-ci prônent "une adhésion volontaire de l'agriculteur à un programme d'amélioration de l'environnement par lequel il y a plus à attendre que de l'encadrement strict par la réglementation publique ou la préconisation privée constituées par des cahiers des charges".

 

"La référence environnementale a été presque ignorée par la recherche".

 

"L'agriculture raisonnée n'est pas un concept coupé du progrès technique mais elle compte bien profiter de tous les acquis de l'intelligence humaine".

 

"Les réseaux de conseils aux agriculteurs restent trop dépendant d'intérêts commerciaux".

 

"Il faut aider l'agriculteur à mettre en œuvre une conduite intelligente, permanente et 'intégrée' sur l'ensemble de son exploitation plutôt que de lui fournir des recettes à appliquer mécaniquement".

 

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En fait le mythe de l'agriculteur pollueur, irrespectueux de son environnement naturel et si peu soucieux de l'utilisation des produits qu'il paie si cher cache une réalité industrielle qui consiste notamment:

 

 

 

 

 

 

Que dire des délocalisations des usines de fabrication des "produits sales" vers des pays moins heureux que les nôtres.

 

L'environnement, c'est bien connu, reste le souci des sociétés bien nourries.

 

Le sujet est aussi vaste que le monde est grand.

 

L'enjeu est de nourrir aujourd'hui 6 milliards d'individus dans un environnement viable avec l'aide, et non pas sous l'emprise, de 7 firmes agrochimiques.

 

Demain …10 milliards … avec l'aide, et non pas sous l'emprise, de 3 ou 4 d'entres elles.

 

 

(1) Sillon belge numéro 2921 du 3 mars 2000, page 9 - 'L'asbl Phytofar crée l'Institut du même nom'

 

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